huiles anti odeurs
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Une ressource thérapeutique essentielle : les odeurs

L’odorat a été longtemps jugé suspect. Trop proche de l’animalité et surtout de la sensualité, on l’a même taxé d’anti-social. Un sens sulfureux, indécent, presqu’obscène, en somme ! Néanmoins nous assistons à la fin du bannissement de ce sens si puissant. La réhabilitation actuelle de l’odorat a été analysée par l’anthropologue et philosophe Annick Le Guerer lors du 13ème Symposium International d’Aromathérapie, à Grasse, en avril dernier. L’avancée des travaux sur le cerveau, désormais au coeur de la science, à ouvert la voie à cette revalorisation. On reconnaît enfin objectivement le rôle des émotions dans l’intelligence humaine. Plus question de s’interdire la contribution de l’odorat qu’on s’est efforcé de museler, en vain. Rien à faire, il y des gens que l’on sent bien et d’autres que l’on a vraiment dans le nez ! Et la médecine a d’ailleurs toujours fait du nez un instrument indispensable de son exercice.
Franchirons-nous le pas en donnant à l’odorat la priorité sur la raison, comme Nietzsche qui revendiquait : tout mon génie est dans mes narines ? Peut-être pas, mais la réhabilitation de l’odorat est une avancée remarquable pour appréhender l’humain dans sa globalité et dans sa sensibilité. Nous voilà encouragés à déployer notre culture olfactive trop souvent embryonnaire. L’aromathérapie nous y aide en s’appuyant sur les vertus thérapeutiques des odeurs. A l’heure du numérique déconnecté de la réalité sensible, les huiles essentielles nous autorisent des évasions olfactives uniques pour nous soigner, tout en nous ancrant en nous et dans notre planète. Cap sur l’olfaction !

 

13ème symposium d’Aromathérapie et Plantes Médicinales,
Grasse 2-3 avril 21011

La réhabilitation de l’odorat incite à utiliser le potentiel extraordinaire de ce sens. Lors du dernier congrès international d’aromathérapie de Grasse le neuropsychiatre et professeur de psychiatrie de San Francisco, Dr Jonathan Mueller a exposé sa démarche.
Un thérapeute français, Gilles Fournil, est également intervenu pour exposer une autre pratique centrée sur l’olfaction, qu’il a nommée olfactothérapie. Focus sur ces deux approches originales qui révèlent des ressources de l’olfaction surprenantes.

La signification d’une senteur particulière : un ressort personnel et puissant, selon le neuropsychiatre J. Mueller

C’est en travaillant sur les états de stress aigus et chroniques en neuropsychiatrie que le Dr Mueller a saisi l’intérêt des odeurs. Leur pouvoir unique d’activer des sensations positives de bien-être et de sécurité s’est avéré très précieux pour soigner la souffrance psychique, en profondeur.
En sondant l’histoire personnelle, le spécialiste révèle la force de certaines odeurs, il cherche à capturer les résonances psychiques d’une senteur , selon ses propres termes. Le pari de la démonstration objective de la signification toujours subjective – d’une senteur est relevé. Questionnaires, statistiques, chromatographie gazeuse et spectrographie de la matière sont les outils de cette démonstration.
Le Dr Mueller exerce en faisant plonger son patient au coeur de sa propre histoire grâce à une palette d’une quarantaine d’odeurs. La rencontre d’odeurs bien spécifiques comme la fraise, la lessive, le feu de bois, convoque des émotions intenses et souvent mêlées. L’accès à ce terreau émotionnel ouvre des portes surprenantes du monde intérieur. La complexité et le foisonnement y règnent.
Alors que le récit classique tend à lisser les souvenirs en le pasteurisant , l’expérience olfactive convoque notre vécu sensoriel. L’inhalation de mouillettes imprégnées débouche sur des récits bien plus riches et frais . Des résurgences, en somme.
Plutôt que de chercher à identifier et nommer l’odeur, de l’extérieur, l’expérience olfactive amène à se tourner vers l’intérieur, le ressenti privé, l’intime. La démarche cible la réaction involontaire, sorte de réflexe rotulien psychique selon le Dr Mueller. Loin de la rationalisation et de la volonté.
Ces significations d’odeurs créent des sentiers directs d’exploration de nos origines. A commencer par les odeurs de la maison, des proches et des animaux domestiques, de la cuisine.
L’identification de ces significations des odeurs permet surtout une évolution. Telle odeur associée à un vécu de honte ou d’insécurité peut être désamorcée du pouvoir qu’elle a pris sur la personne. A l’inverse, certaines odeurs entraînent des ressentis de confort, de douceur, d’amour. Elles seront des piliers pour se reconstruire.

Et si l’on laissait une goutte d’huile essentielle nous emporter dans la chaleur d’un été d’autrefois ?

L’olfactothérapie de Gilles Fournil : laissons les huiles essentielles nous guider.
Gilles Fournil utilise les huiles essentielles dans la relation d’aide depuis plus de 20 ans. Il invite les personnes qui le consultent à se laisser guider par les odeurs pour favoriser une libération émotionnelle salvatrice. Il observe que l’ouverture aux odeurs permet d’accéder à des zones de l’inconscient inaccessibles. La sollicitation de l’odorat rendant plus disponible à l’écoute de son corps et de ses sensations, elle est une ressource sensationnelle pour la démarche vers soi. L’olfaction nous relierait même à une dimension d’éternité.
De quoi donner l’envie de déployer ses narines, sans complexe !
Pourquoi l’odorat permet-il un accès privilégié à l’affectivité ?
Car c’est le seul des cinq sens dont le trajet neurologique ne passe pas par le diencéphale. Il est en prise directe sur notre rhinencéphale, le fameux cerveau reptilien .

 

Odeurs envahissantes : SOS huiles essentielles !
Les odeurs nous pénètrent malgré nous. A moins de se boucher le nez, la seule protection possible est un masque olfactif .
Pensons aux soignants qui sont si exposés car Sartre le disait bien l’odeur d’un corps, c’est ce corps lui-même que nous aspirons par la bouche et le nez.

 

Cécile Desmazières, psychologue en milieu hospitalier

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